Le refus de travailler

Rien, dans notre formation de professeurs, ne nous a préparés à faire face au refus de travailler d’un élève. Personnellement, les quelques fois où j’ai dû faire face à cette situation de crise, j’ai interprété ce refus comme de l’insolence, voire une provocation et dans l’urgence, je n’ai pas su y répondre de manière satisfaisante.

Il n’y a pas de réponse simple à ce refus mais j’ai appris, avec l’expérience, à reconnaître ma part de responsabilité quand elle existe.

Très souvent, un élève refuse de démarrer une activité par peur :

peur de se tromper, peur de se ridiculiser, peur d’admettre qu’il n’a pas compris, peur de se faire remarquer en demandant plus d’explications. A moi de bien préparer l’entrée dans la tâche en clarifiant sa finalité, en donnant des consignes claires et en définissant les étapes à suivre.

Mais, il me faut aussi détecter les appels de détresse qui n’ont pas de rapport avec le travail demandé à cet instant précis. Il m’est arrivé d’envoyer une élève en étude pour « refus de travail » et d’apprendre par la suite que cette élève  était confrontée à une situation familiale difficile et qu’elle avait tout simplement « craqué » pendant mon cours, sans aucune intention de le perturber ou de me provoquer. Comprenant la situation, je lui ai fait des excuses au cours suivant sans pour autant révéler à la classe sa situation personnelle. C’était une manière de la « réintégrer » dans le groupe tout en reconnaissant mon erreur de jugement.

Un des aspects les plus difficiles à maîtriser dans notre métier est bien celui-là : faire preuve d’écoute, de dévouement, d’implication vis-à-vis de nos élèves tout en maintenant la juste distance afin d’éviter de faire des projections mentales et interpréter, à tort, telle ou telle attitude comme provocante alors qu’elle n’est que l’expression visible d’un mal être profond et intime qui n’est pas de notre fait, ni de notre ressort !

 

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