Construire le groupe classe

L’anglais a deux termes pour désigner la classe : classroom, le lieu, et class, le groupe. Il ne suffit pas de réunir un groupe dans une salle autour d’un même professeur pour créer l’identité d’une classe. Chaque année nous faisons ce même constat : le groupe classe prend forme, jour après jour, grâce à l’implication personnelle de chaque élève et à celle du professeur.

En tant que professeurs, nous sommes de véritables architectes : nous devons avoir une vision claire de ce que nous voulons, dessiner nos plans en conséquence, veiller à la construction et aux finitions de l’édifice, vérifier sa solidité, rectifier les défauts ou les erreurs de jugement, s’assurer de la qualité des matériaux.

New World Trade Center under construction

Comment pouvons-nous créer le groupe classe ?

En premier lieu, en établissant des règles de vie claires et en veillant qu’elles soient comprises de tous et adoptées par tous. Ces règles de vie sont d’autant plus importantes en langues vivantes car nos cours sont des lieux d’échanges oraux où l’écoute mutuelle est un élément indispensable au bon déroulement de nos séances. C’est à nous d’imposer l’anglais comme langue de communication et de favoriser les temps d’entraînement à l’expression orale (rubrique : expression orale) pour créer une ambiance propice à la participation spontanée sans appréhension. A nous de sécuriser l’espace pour que chacun de nos élèves trouve  sa place à son niveau.

Deuxièmement, nous pouvons favoriser le travail en binômes et en petits groupes qui permet aux élèves de mieux se connaître et de collaborer autour de projets choisis (articles : sketches filmés 1 et 2, développer le goût de l’initiative) et de tisser des liens entre eux. Cette solidarité entre camarades est l’armature de notre édifice en construction. Elle peut également être favorisée par des « duo gagnants » ou binômes d’entraide que nous instaurons en cours d’année en réponse aux besoins spécifiques de tel ou tel élève en difficulté (article : le plan de classe).

Troisièmement, nous pouvons laisser les élèves s’évaluer mutuellement selon des critères définis au préalable (article : les élèves s’évaluent mutuellement). J’ai noté que cette marque de confiance responsabilise les élèves au sein du groupe et leur apprend à respecter le travail de leur camarade sans porter de jugement sur sa personne. C’est un point essentiel pour instaurer la bienveillance mutuelle et nourrir l’envie de progresser.

Quatrièmement, par notre attitude positive, disponible et bienveillante, nos paroles d’encouragement et de félicitation (article : comment encourager et féliciter nos élèves), nous donnons l’exemple. C’est un effort de tout instant de notre part qui se révèle très vite payant tant cette attitude est contagieuse au sein du groupe. C’est un fait : nous ne pouvons pas exiger de nos élèves ce que nous ne nous imposons pas à nous-même.

Enfin, le goût de l’effort, l’exigence du travail bien fait, l’honnêteté intellectuelle s’apprennent en même temps que notre matière. Là encore notre exemplarité ne peut pas faire défaut car nos élèves relèvent vite les incohérences entre nos paroles et nos actes. A nous de développer chez eux le goût du travail bien fait, le plaisir d’en être récompensés et de définir des limites réalistes pour ne pas tomber dans l’excès (article : des élèves en grève) !!

C’est bien le défi que nous avons à relever à chaque nouvelle année scolaire : créer le groupe classe pour que chacun de nos élèves y trouve la place qui lui convient… et nous, la nôtre.

Prochain article : les différents styles d’apprentissage

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