Transmettre le goût de l’initiative

Par souci de compétence, de performance et d’efficacité, nous avons très souvent tendance à « verrouiller » nos cours pour  en maîtriser le contenu et le déroulement de A à Z.  Il nous faut donc apprendre à laisser une marge de choix à nos élèves en leur laissant prendre des initiatives, y compris celle de s’évaluer ou d’évaluer le travail de leurs camarades.

Comment laisser cette marge de choix à nos élèves sans céder sur nos exigences ?

 

A chaque séance, l’élève peut avoir le choix de rendre son travail maison (Mesurer l’effort), de participer à l’élaboration du corrigé  (Corriger autrement), de travailler seul ou à plusieurs (Type de personnalité et motivation), d’être volontaire pour lire à voix-haute (Dix exercices pour développer l’aisance à l’oral), de faire un exposé oral sur un thème choisi (Contes aborigènes d’Australie) ou un livre lu pour le plaisir (Le plaisir de lire), de réciter un poème à la fin du cours  (Le poème … tout un poème), d’élaborer le sujet de son évaluation (Elèves dyslexiques, Gérer le stress de l’évaluation), de venir écrire un modèle au tableau (La gestion du tableau). Ce sont  là quelques exemples parmi d’autres que j’ai donnés dans les différents articles mentionnés ci-dessus entre parenthèses.

 

 

Petites tâches insignifiantes, me direz-vous ! Peut-être,  mais c’est leur répétition qui libère l’élève de la peur de se tromper. Plus confiant, il finit par prendre des initiatives et gagner en autonomie. Qui de nous n’a pas en mémoire le regard fier et conquérant de l’enfant qui fait ses premiers pas … j’ai lu cette même fierté dans le regard d’un élève qui a surmonté son appréhension ou sa timidité en se portant volontaire au moment où il a justement le choix de s’engager ou non.

Sur chaque séquence pédagogique, l’élève peut également avoir une marge de choix sur les tâches intermédiaires (Contes aborigènes d’Australie), la tâche finale (sketches filmés- acte 1), son investissement personnel dans l’élaboration du projet final (Atleliers de théâtre),  le critère d’évaluation du travail de ses camarades (Les élèves s’évaluent mutuellement) et ainsi de suite.

Voici un exemple concret de tâche finale différenciée donnée à des élèves de terminale ES au premier trimestre. La séquence est intitulée « Globalisation, global warming and environmental issues – OUR planet neeeds YOU »les élèves ont le choix entre 5 sujets différents. Voici les consignes de travail :

  • Prepare a 3-to-6 minute oral presentation on the topic of your choice :
  1. A cartoon denouncing the effects of global warming.
  2. A TV ad promoting a fair trade product.
  3. A TV programme targeting young children promoting « green tips » : simple gestures to save our planet.
  4. A radio debate on the topic : « Is globalisation a good or bad thing ? »
  5. A TV report on a recent natural catastrophe.

You will be assessed by 5 members of a jury on the basis of these criteria : ability to communicate, ability to get a message through, quality of language and speech, creativity and inventiveness, completion of task (global achievement).

Comme vous pouvez le constater, cette tâche finale différenciée donne à chacun la possibilité de choisir  son projet final selon ses centres d’intérêt, son mode de fonctionnement – travail individuel, en binômes ou à trois -, sa connaissance de l’actualité, son intérêt pour l’économie, son niveau de langue, ses capacités en informatique ou en art plastique, ses affinités avec ses camarades de classe, ses exigences de qualité et ses convictions personnelles.

Soyons-en convaincus : en donnant cette marge de choix à chacun de nos élèves, nous lui offrons la possibilité de prendre conscience de l’éventail de ses connaissances et de ses talents. Nous le valorisons non seulement pour ce qu’il SAIT, mais également pour ce qu’il EST en illuminant les multiples facettes de sa personnalité.

A nous de faire l’effort de sortir du modèle unique pour tous pour transmettre le goût de l’initiative à nos élèves sans toutefois céder sur nos exigences de qualité et de rigueur !

Pour l’avoir vécu de nombreuses fois, je peux vous l’assurer : l’implication réelle de nos élèves sur des projets librement choisis par eux récompense grandement cette pratique mûrement réfléchie.

Et vous, quelle(s) marge(s) de choix laissez-vous à vos élèves ? Comment leur  transmettez-vous le goût de l’initiative ?

 

Prochain article : gérer une crise avec ComColors

 

 

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