Petits miracles

Je m’entends encore dire à mes élèves, sous forme de boutade, que je ne fais pas des miracles !

Et pourtant, j’ai été, tout comme vous, témoin de « ces petits miracles au quotidien » qui nous font encore croire en notre métier d’enseignants et notre rôle d’éducateurs après toutes ces années.

Je me souviens de Christophe -j’ai modifié son prénom- élève de terminale qui se disait « nul en anglais » et qui avait baissé les bras et ne faisait même plus l’effort d’essayer.

Au fil des séances, je me suis démenée pour lui faire comprendre que je n’accepterais pas son refus de travailler. Encouragements, aide individualisée, devoirs supplémentaires, retenues, bonne et mauvaise humeur … tout était bon pour ne pas laisser Christophe seul sur le bord du chemin.

Un jour, j’ai compris que j’étais passé à côté de l’essentiel. Il me fallait partir de ce que Christophe avait dans ses bagages et constituer avec lui un kit de survie qui lui permettrait de reprendre pied. Et là, le déclic a eu lieu. Christophe a compris que même avec les moyens limités qui étaient les siens, il pouvait faire quelque chose.

A la fin de l’année scolaire, son bac en poche, Christophe est venu me remercier pour l’énergie que j’avais déployée pour lui redonner confiance en lui. Je lui ai répondu que c’était à moi de le remercier pour la belle leçon de pédagogie qu’il m’avait enseignée. A lui seul, cette année-là, il m’avait donné une bonne raison d’aimer mon métier.

Sur le chemin tortueux de l’accompagnement pédagogique, notre regard se porte au loin car nous voulons être ambitieux pour nos élèves. Acceptons à certains moments de nous pencher pour renouer un lacet ou enlever un caillou d’une chaussure pour permettre à un élève de nous suivre sans trop peiner, et surtout sans se décourager.

Et vous, êtes-vous prêts à partager avec d’autres « ces petits miracles au quotidien  » ?

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