Dix petits exercices pour développer l’aisance à l’oral

Cet article fait suite à ceux intitulés Développer l’aisance à l’oral et Les Cinq premières minutes que vous trouverez classés dans la thématique Expression orale.

Travailler l’aisance, cela s’apprend. Pour être efficaces, les exercices d’entraînement doivent être simples, courts et réguliers. J’insiste également sur le principe qu’ils ne doivent pas être notés, car c’est bien ce cadre neutre et sécurisant qui aide l’élève à développer sa confiance en ses capacités à s’exprimer librement à l’oral. Confiance qui a été souvent mise à rude épreuve par une exigence excessive quant à la correction linguistique, avant même que l’oreille du jeune apprenant s’imprègne de la musicalité de la langue étrangère.

Il suffit d’activer des mécanismes et de les rendre accessibles aux élèves, y compris aux plus faibles et aux plus démotivés. Les premiers résultats sont audibles et encourageants. Ils peuvent s’inscrire dans la durée avec un minimum de patience et de persévérance.

  • Pour tous les exercices à faire à la maison (ex.1,2,3), je conseille aux élèves de se placer devant une photo d’un être cher ou l’affiche de leur idole et de s’adresser directement à lui ou elle. Les élèves détestent parler « dans le vide » : ils trouvent cela « débile » ! Pour les plus jeunes, un animal familier peut être très utile. Je leur conseille de s’asseoir à côté de leur chien, chat, lapin ou autre et de lui parler en anglais. C’est ainsi que mon chien, Riki, comprend parfaitement le français, l’anglais et le japonais … trois langues parlées couramment à la maison !
  • Pour les exercices à faire en classe (ex.4,5,6,7,9), tous les élèves travaillent en même temps et démarrent, dans un même souffle, une fois la consignée donnée par le professeur.

10 petits exercices pour développer l’aisance à l’oral

du niveau A1 au niveau B2 :


1-Travail individuel à la maison : l’élève s’entraîne à voix haute à se décrire, à décrire sa meilleure amie, son petit copain, sa famille, sa maison, son école, son quartier, sa ville, son lieu de vacances préféré … il s’agit d’un petit exercice descriptif simple en lien avec son environnement familier. Il essaie d’être le plus exhaustif possible et de réutiliser TOUT ce qu’il sait dire sur un des thèmes imposé par le professeur.

2- Travail individuel à la maison : son cahier de cours ouvert devant lui, l’élève relit ses notes à voix haute, en se concentrant sur le volume de sa voix, son débit et l’accentuation des mots porteurs de sens. Il doit s’imaginer en train de faire un petit exposé sur le sujet traité devant ses camarades.

3-Travail individuel à la maison : une fois ses notes de cours apprises, l’élève referme son cahier et il s’entraîne à restituer à l’oral, à voix haute, tout ce qu’il a mémorisé en une ou deux minutes. Il peut éventuellement s’enregistrer et se réécouter (très formateur !). Là encore, il veille à la fluidité de son discours.

4-Travail en classe, à deux : en temps limité – la durée dépend du niveau de la classe – les élèves s’entraînent par paires à prendre la parole en continu pour réciter la leçon du jour. L’élève A commence. S’il hésite trop ou s’interrompt sans combler son silence, l’élève B lui confisque la parole et enchaîne à sa place. Les rôles sont ensuite inversés : l’élève B prend la parole tandis que l’élève A tend l’oreille, prêt à intervenir. Le but est de sauvegarder le plus longtemps possible son propre temps de parole. Cet exercice simple fait prendre conscience à l’élève de ses hésitations répétées et/ou de ses silences prolongés car son partenaire réagit immédiatement à son manque d’aisance.

5-Travail en classe, à deux ou trois : sur un texte dialogué, déjà étudié, les élèves choisissent chacun un rôle et, à deux ou trois, s’entraînent à se donner la réplique en lisant à voix haute, de manière fluide et naturelle, comme s’ils répétaient sur scène.

6- Travail en classe, collectif : les élèves s’entraînent à réciter tous ensemble un poème qu’ils ont mémorisé en respectant le même rythme. Si le professeur juge l’essai peu concluant – il se bouche généralement les oreilles pour le faire savoir – , il fait répéter l’ensemble en accompagnant le rythme avec une gestuelle explicite, tel un chef d’orchestre qui donne le tempo.

7- Travail en classe, à deux : l’élève A prend la parole en premier. Dans un temps très limité, il tente de donner un maximum de détails sur un sujet étudié lors des séances précédentes. Par exemple, How much do you remember about Australia ? / William Shakespeare ? / Education in the US ? …etc. L’élève B comptabilise les détails fournis, chaque détail correct rapporte un point. Le défi pour l’élève B est de faire encore mieux, mais il n’a pas le droit de répéter les mêmes détails. Toute répétition est pénalisée par – 1 point et l’élève A veille au respect strict de cette règle. Cet exercice entraîne les élèves à mobiliser leurs connaissances rapidement, sans hésitation, tout en dédramatisant la prise de parole en continu grâce à son caractère ludique.

8- Travail en classe, à deux : le professeur a « une balle magique » (en mousse !) qui lui permet de faire circuler la parole de manière rapide et totalement aléatoire. Il lance la balle à un élève qui doit répondre à sa question ouverte de manière la plus exhaustive possible. Tant que l’élève a quelque chose à dire, il garde la balle entre les mains. A la fin de sa réponse, il renvoie la balle au professeur. J’utilise beaucoup ce procédé dans les petites classes pour des révisions rapides et ludiques. Le fait que l’élève tient un objet entre les mains tout en parlant  l’aide à se concentrer sur ce qu’il dit. La balle est souvent « martyrisée » par les plus stressés !

9- Travail en classe, collectif : les élèves écoutent un extrait très court et rythmé, extrait de leur manuel scolaire, ou du type « Grammar Chants » ou « Jazz Chants for Children » de C. Graham. Puis, ils le répètent en choeur en respectant le rythme imposé par l’enregistrement. Tant que l’ensemble n’est pas satisfaisant, le professeur impose un nouvel essai.

10- Travail en classe, individuel : un élève lit, à voix haute, un petit extrait d’un texte déjà étudié. Je mets un point d’honneur à ne pas l’interrompre tout en notant les groupes de sens tronqués, les lésions oubliées, la ponctuation non respectée dans l’intonation …etc. A la fin, je fais répéter ces segments à l’élève, puis à toute la classe. De même, par de petits exercices de respiration réguliers, j’entraîne les élèves à garder du souffle pour ne pas « casser » les groupes porteurs de sens. J’explique ainsi les quelques règles de base d’une lecture fluide et cohérente. Ces mêmes règles s’appliquent à une expression orale libérée.

 

Avec une bonne dose de patience, de persévérance et de volonté de la part du professeur, les progrès sont audibles au terme de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Pour l’avoir vécu dans des classes techniques et technologiques, il faut s’accrocher et y croire !

A nous de faire comprendre aux élèves que l’aisance est LE signe audible de leur confiance à l’oral, élément essentiel s’ils veulent  être convaincants … ou tout au moins écoutés quand ils prennent la parole.

Et vous, comment développez-vous cette aisance à l’oral ?

 

Prochain article : type de personnalité et motivation

 

 

 

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